Saint-Edme.                                359
trer, et1 allé fur-le-champ, avec un bâton de commandement à fa main, fuivi d'archers ayant Ia bandoulière fur le corps, lefquels font venus au jeu avec un ferrurier, ont fait fortir les perfonnes. qui étoient au jeu de bonne heure à caufe de la représentation d'une pièce nouvelle, ont fait rendre l'argent à ceux qui n'en avoient pas donné, fait ceffer la recette en difant hautement que l'on ne joueroit pas, renvoyant les perfonnes qui fe préfentoient pour entrer; ce qui a caufé un grand tumulte, défordre et fcandale, ayant fait mettre des plaques et cadenas aux principales portes : ce qui a obligé les plaignans de requérir notre tranfport avec les officiers de la garde. Où étant, avons vu Ies portes du jeu fermées et devant la porte de face, un particulier en juftaucorps bleu galonné d'argent, ayant un bâton de commandement à fa main, trois archers avec leurs bandoulières fur le corps aux entrées des bureaux de recette. Le particulier habillé de bleu nous a dit s'appeler Duchefne, prévôt des bâtimens du Roi, qu'il avoit ordre de Son Altefle Royale M. le Régent de faire fermer le jeu et d'empêcher de jouer. Lui ayant demandé à voir l'ordre, il nous a tiré de fa poche une lettre miilïve fignée de M. Landivifiau, laquelle lettre marquoit, entre autres chofes, que Son Alteffe Royale M. le Régent lui avoit donné l'ordre de faire fermer le jeu defdits plaignans : ledit Duchefne chargé de cette lettre miffive difant qu'il falloit que les plaignans payaffent trois mille livres argent comptant finon que le jeu refteroit fermé. Nous avons remontré audit fleur Duchefne qu'une lettre miffive fignée de M. Landivifiau n'étoit pas un acte judiciaire pour faire fermer ce jeu. Que M. le Lieutenant général de police donnoit feul les perntiflîons d'ouvrir et fermer les jeux dans Ies occafions à lui connues. Que même fuivant la date de cette lettre, fuppofé que ce fût un ordre à exécuter, il ne pouvoit le mettre à exécution que demain 13 de ce mois, date de ladite lettre. Ledit Duchefne s'eft retiré avec fés archers difant qu'il en drefferoit procès-verbal. De ce que deffus lefdits plaignans nous requièrent acte.
Signé : M. Duchemin; de Saint-Edme.
{Archive! Jes Comm., n- 3827.)
XIV
L'an 1716, le 25- jour de feptembre, nous Louis Poget, etc., à la requête des comédiens françois, fommes tranfporté fur les cinq heures du foir cn la falle du fieur de St-Edme, fituée aux environs de la foire St-Laurent ; où étant, nous avons remarqué qu'il n'a point été repréfenté aucun jeu de danfes de corde.; que dans ladite falle il y avoit un théâtre orné de luftres et de décorations; qu'après que lefdits luftres ont été allumés et la toile levée, il a été repréfenté fur ledit théâtre une pièce en trois actes et un prologue qui a